Le Soleil à minuit

Le Soleil à minuit

Un clown sans chapiteau fixe. Un petit garçon de la rue. Leur rencontre va bouleverser la vie de chacun. Un ami parfait n'existe pas. On a tous des qualités et des défauts qui nous rendent unique. Chacun de nous existe en un seul exemplaire. Ils vont vouloir connaître chaque être vivant sur terre.

Avoir une vie qui ne finit plus jamais leur permettra de connaître tous les amis du monde et puis les revoir autant de fois que sera nombreux ce désir. Ils sont sûrs tous les deux de voir ce nouveau monde. Ils vont apprendre ensemble à éviter les défauts qui cassent tout.

Pour être un vrai ami, ils apprendront du soleil qu'il faut renoncer à vouloir être le seul à briller. En diminuant sa propre lumière on permet aux autres de briller. Le charme d'une nuit pleine d'étoile c'est de voir tous ses amis briller pour soi.

Le clown et son p'tit bonhomme ne parlent que la langue poétique et de leurs conversations, on découvrira qu'ils ne désirent qu'une chose, l'humilité.


Le Soleil à Minuit

MEDDA MARCO


Je n'ai pas osé prendre

un pseudonyme de peur d'usurper

la gloire de mon

imaginaire


Parce que les enfants ont

le don de poser les bonnes

questions

Parce que les adultes ont

le don de cacher les bonnes

réponses


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Lettre à mon amie ( ami )

à toi qui lira ce livre et toutes les bêtises que j'ai écrites car personne n'aime ceux qui se prennent au sérieux et encore moins les lire.

J'aimerais te rencontrer mais soit patiente ( t ). J'ai fait mon calcul. Nous sommes environ 7 milliards de personnes sur terre. Au début j'aimerais passer une journée entière pour connaitre une seule personne donc je devrai consacrer 7 milliards de journées pour connaitre tout le monde ce qui me fait 19 178 082 années pour pouvoir connaitre presque tout le monde sur terre car je n'oublie pas les années bissextiles puisque tout le monde est important à mes yeux et beaucoup d'autres viendront. Si les jours se suivent à l'infini alors imagines toi de pouvoir être là à chacun d'eux, sans fin.

Quand on croise chaque jour des gens que l'ont voit qu'un bref instant, souvent qu'une seconde, pour ensuite ne plus jamais les revoir et ne connaitre même pas leurs noms !!! Je voudrais tous vous connaitre. Vivre chacun de son coté et jamais se rencontrer. Je dois savoir pourquoi tu embellis la vie et comment ta personnalité avec ses défauts et ses qualités s'équilibrent pour me rendre heureux de te connaitre. L'éternité n'existe pas que dans l'oubli comme le passé qui ne peut à jamais revenir.

J'aime le temps, il se laisse prendre facilement et en tout cas moi qui suis un clown, j'en profite avec mon p'tit gars qui m'accompagne toujours. On a tout les deux un nom commun. On croyait qu'un nom propre était le privilège des gens importants. Vu que mon p'tit gars était devenu important à mes yeux et moi pour lui pareil, on s'est inventé des noms propres et on connait depuis l'effet de l'affection quand son nom est prononcé par l'autre.

Pendant que je t'écrivais chère ( r ) amie ( i ), je voyais mon p'tit gars songeur et il me dit alors :

- Alors si j'ai bien compris, c'est comme si moi je voudrais gouter aux 8000 variétés de pommes différentes qui existent sur terre et que si j'en mangerais chaque jour une nouvelle, il me faudrait alors 21 ans environ pour connaitre le gout de toutes les pommes du monde et je n'oublie pas les années bissextiles bien sûr !!!

Il avait appris à ne pas se faire avoir, ah ah !!! Il venait de la rue. Il me surprendra toujours mon petit bonhomme.

Signature :

Le p'tit gars ou le clown ou moi,

je ne sais plus vraiment.


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Le clown

C'est toujours le même cirque

Une voiture coiffée d'un haut-parleur qui communique

Publicité en fluo de toutes couleurs sur la vieille carrosserie

Assumer le sans gêne mais pourquoi cette image de moi décrépie

Sans inhibition mon portrait attaché sur tous les pylônes de ton quartier

Même message sur des imprimés jetés en l'air que les enfants ramassent excités

Ce soir sur la place du rire grand spectacle de cirque par des artisans acrobates

À l'heure où les regards fixent leur écran télé où des marionnettes font du direct en boite

Mes frères et sœurs du cirque aussi grand qu'est votre talent pourquoi m'élire représentant des artistes

Pourquoi être clown attire plus de lumière au centre de la piste

Où est ma légitimité des honneurs que vous faites à mon paraitre

N'oubliez pas que celui qui tire les ficelles de ce personnage est mon être

Pour vous qu'un clown sans identité

Et pareil à la mairie pour les papiers

Pas de sourire sur fond gris ni d'objets distinctifs sur les photos officielles

Format refusé disent-ils pour des couleurs également non conventionnelles

Leur dire ne pas avoir de père ni de mère et ne s'appeler que monsieur clown rend impossible ma filiation

User de logique messieurs car n'avoir pas de nom de famille explique la situation

Pour les justificatifs de domicile avec des adresses qui changent tout

le temps

Toujours assigné à résidence dans mon ambassade d'un chapiteau itinérant

Contrôle d'identité règlementaire car le physique correspond à l'uniforme

Seule conclusion possible car l'extérieur décrie bien le bonhomme

Lecture méfiante de mes papiers alors qu'ils omettent de décrire ma moralité

Et devraient inclure mon casier judiciaire où mes pitreries dévoilent leur stupidité

Me présenter à vous les hauts placés fut ma plus belle représentation

Spectacle génial et inversé de me faire rire sans avoir aucune imagination

Peinture sur mon visage comme un tampon qui rend légitime mon existence

Si un monsieur qui s'appelle loyal fait les présentations alors que le spectacle commence

Vous avez payé votre ticket pour ne pas être déçu

Quelle pression pour moi savoir d'être attendu

Comment retenir la même attention comme ceux qui sont passés avant moi

Réussir aussi et doser le succès que recevront les suivants de droit

Passer entre les trapézistes et les jongleurs

Prendre des risques pour provoquer la joie de vos rires moqueurs

Humilié par l'habileté si raffiné des éléphants et chevaux qui tournent en rond

Même l'obéissance des fauves encourage tout animal à s'incliner devant la programmation

On n'illumine jamais les fondations d'un numéro mille fois répété

Et ciselé sur la scène qui là attire les applaudissements d'un mérite calculé

Ni le premier né honoré ni le dernier de la lignée chouchouté

S'esquinter entre l'ainé qui rabaisse et les parents qui relèvent le cadet

Pointé du doigt comme l'enfant au milieu et ses complexes

Comment vous éblouir maintenant oui quel prétexte

Comment dépasser mon grand frère le trapéziste et ses sauts périlleux

Mon large pantalon à bretelles ma veste et mes talons ne feront pas mieux

Et le funambule mon frérot de ses pieds nus traverse la corde raide

Impossible avec mes pieds fourrés dans d'énormes souliers à moins qu'on m'aide

Mais vos rires et acclamations définissent bien mon talent

Clown de cirque ou bien serais-je donneur de leçons

Me plagier en venant parés de vos plus beaux artifices sur vos belles personnes

Vous maquillez vos bêtises mais vous avec des mots et qui s'en étonne

Encadrant votre portrait pensant qu'il résume toute votre vie

Qui décrie vos qualités à celui qui l'observe ébloui

Demandant au retoucheur sur cette toile d'enlever vos défauts

Vous voilà un demi-être plein de qualités et l'autre moitié sans ces maux

Pour fuir la souffrance de sa propre laideur que l'on croit qu'extérieur

Dire c'est pas moi c'est l'autre vous réjouis de son malheur

Si prendre une tarte dans la figure fait toujours rire tant que ce n'est pas la vôtre

Votre bouc émissaire dévoué encaissera toute la crème lancée pour cette mission d'apôtre

Qui se poursuivra après le dernier tour de piste et l'extinction des projecteurs

Pour revenir vous revoir quand j'aurai appris vos adresses par cœur

Tout ce qui sera dit entre nous même dans les larmes sera notre liant

Maintenant ami pour la vie car il ne fait jamais beau tout le temps


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Il ne fait pas beau tout le temps. Dans les moments difficiles les amis restent. Ce soir là tombait la neige. J'aperçu un gros et joli bonhomme de neige et à coté de lui un petit garçon tout nu.

- Que fais-tu tout nu dehors dans la neige ?

- Je suis puni, je suis méchant, me répondit-il.

J'avais compris depuis longtemps que même les chiens méchants ne l'étaient pas mais leurs maitres, eux, aimaient les accuser en l'écrivant sur un écriteau devant leurs portes.

- Mais toi, p'tit bonhomme, tu n'es sûrement pas méchant. Enlève ça tout de suite de ta tête avant d'esquinter le reste de ta vie. Tu vois ma tête de clown ? Je suis moche et tu m'aimes déjà. Comment peut-on m'aimer sans payer pour me voir ?

Il me répondit :

- La vieillesse finit toujours par enlaidir même les plus beau. Même les clowns les plus moches ne le sont pas mais leurs publics aiment les accuser en riant d'eux sous le chapiteau.

C'était la première fois qu'il me surpris par sa logique.


Le bonhomme de neige

Sa couleur est blanche quand c'est froid et qu'il a plu

Couleur indigne de ma méchanceté et me voilà dehors tout nu

La neige tombe sans pitié de moi et sans chaleur

La punition est-elle le froid ou sans vous je meurs

Le bonhomme de neige dehors pourquoi il sourit

Avoir de faux compagnons de jeu voilà ta vie

Un sourire aux dents blanches invisibles car il est fait de neige

Une bouche courbée vers le haut comme façade d'une vie qui s'abrège


Le froid quelle terrible punition

Pour moi qui suis leur enfant

Mais toi le bonhomme de neige

Qui ne connait pas la chaleur

Échanger nos punitions pour moi un privilège

Car plus grand est ton malheur


Ton père ne t'a pas légué de nom

Ta mère t'a répudié de maison

La chaleur comme bourreau fera fondre ton corps et tes heures

Un thermomètre pour horloge qui annonce déjà les pleurs

Un cœur fond toujours près des mots je t'aime

Rare pour moi mais toi cette absence te laisse blême

Tu es muet ces mots sont sans émotions si tu les prononces

A ton vocabulaire limité l'amour d'être listé renonce

Avec toi les enfants s'amusent bien

Le soir ils rentrent chez eux et détruisent ce lien

Être mal aimé serait quand même ton seul espoir

Rêver à cela non tu n'es pas dans leur mémoire

Des miens qui ne m'ont pas pris par leurs mains

Sont-elles faites autres que pour donner des câlins

Pour toi il vaut mieux que les câlins restent pénurie

Leur abondance ne ferait qu'anéantir ta vie


Ton père reviendra te chercher un hier

Mais bien avant l'été

Ta mère aussi avant la fin de l'hiver

Mais effaceront-ils tes regrets


Même pas la chaleur des larmes qui coulent sur le visage des gens

Ne te réconfortent car sur toi elles coulent froides comme des glaçons

Sa couleur est blanche quand c'est froid et qu'il a plu

Couleur digne de l'innocence mais l'enfance pourquoi m'est-elle défendu


Ma punition glaciale

Va enfin se terminer

Mon corps bleu même pas mal

Car que le cœur est affecté


Échanger nos punitions

Qui mérite plus de pitié

Pour un petit garçon

Pas même aimé à moitié


Toi le bonhomme de neige

Complètement rejeté

Le froid qui te protège

Lui aussi s'est en allé


Ton sourire fondu

Qui courbe vers le bas

Ta fin est venue

Sans amour on ne survie pas


Père je ne sais dire papa

Il a souffert

Et ne sais pas comment on console

Mère pourquoi mamma

Ta vie était amer

Que cette pensée me cajole


Ça t'apprendra

Ça te servira de leçon

Je ne l'oublierai pas

Vous m'avez repris à la maison


Dans la rue sans amour il est mort mon ami le petit glaçon

J'étais tout nu mais que c'est bon quand même la mauvaise affection


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La mauvaise affection. Je comprend. Quand on passe tellement de temps à essayer de nourrir ses enfants dans la misère, il reste peu de temps pour les aimer. Les tiens sont partis trop tôt et la seule photo d'eux ne peut même pas être accroché car il n'y a pas de murs quand on hérite d'eux la rue.

- Viens avec moi, p'tit homme, car mes mots ne sont pas usés. Quand je dirai "ça va ?", ce sera pour t'écouter et savoir pourquoi tu iras bien et je ne m'en irai pas quand tu me diras que ça va mal. Quand je dirai bonjour, ce sera quand je serai à tes cotés pour rendre ta journée vraiment bonne. Tu te rends compte ? Les gens me disent bonjour même quand il pleut et que j'oublie mon parapluie. Bonjour est vraiment un mot usé. Alors moi je préfère dire "ciao".


Les mots usés

Un crayon qui écrit mal sur du papier

Un mot aimer qui autrefois n'était pas usé

Taille crayon affutant la mine abimée

Aucune affection de ce texte éméché


Tant de fondations creusées de ses mains calleuses

Rencontres des êtres des premiers mots échangés comme lieuse

Le maçon pose les premières briques des familles heureuses

Finissant de protéger ces histoires par ses toitures couvreuses


Maçon avec ses chantiers à n'en pas finir

Propriétaires oubliés avec leurs maisons déjà à entretenir

Comme les outils qui affuteraient les mots à se dire

Façades déclinantes des mots à recrépir


Me demander ça va sans attendre la réponse

Sans vouloir écouter le poids de ce que je pense

Embrasser les siens courir pour être en avance

Un bisou glacé comme un regard de chien de faïence

Éreinté des labeurs qui ôtent à l'affection toute sa puissance

Déséquilibrant la maisonnée tous en manque de confiance

Avoir laissé le temps émousser les mots de leurs excellences

Mais la reconquérir avec les mots du début qui avaient un sens


Cordonnier mal chaussé raconte toujours l'histoire

Et le maçon sans habitation travaillant pour leur avoir

Vivant de location des propriétaires et leurs mauvaises mémoires

Sachant éviter les mots ayant causé tout leurs déboires


Croire que par des biens payés au prix des siens la famille se consolide

Et voir que la fissure brisant le portrait familial s'étend jusqu'au cœur de ces stupides

Chacun exigeant sa part d'affection convertit en argent de leurs maisons vides

Qu'ils louent si quelqu'un accepte leur contrat écrit par des mots avides


On se débarrasse toujours des vieilles choses qui n'ont plus de prix

Ou oser les vendre pour rien et sans garantie

Pourquoi un loyer si élevé pour des mots de taudis

Pas le droit de faire des travaux dans leurs lieux de mépris


La propriété lui aurait plu s'il avait eu de l'argent

En avoir construit des centaines et ne jamais y vivre dedans

Ouvrier qualifié qui bâtit sa maisonnée qu'avec des mots sans briques et ciment

Pas de beaux quartiers mais heureux d'être attendu chez lui avec son salaire insuffisant


Appartement de cité et ne décorer que les plafonds et les murs

Installer sa famille touts les meubles et les reliures

Fermer à clé la porte aux causeurs de blessures

Éviter les mots usés et garder ceux qui durent


Sagesse d'avoir posé les bonnes fondations

Cimenté les briques des mots de sa maison

Tuiles posées la rendant hermétique aux mauvais gens

Hommage aux mains calleuses du maçon


Crayon affuté qui écrit lisiblement sur du papier

Le mot aimer qui cher lui est bien épelé

Savoir s'il va te toucher ou si il est usé

Une larme sur ton visage aura coulé


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Pardon est vraiment le mot le plus usé du monde. Même prononcé à répétition et dans n'importe quelle position il ne fonctionne plus. Il est autant valable qu'une signature sur un contrat jetable. Et même authentique il contient toujours une clause annulation. Être de parole est un acte désintéressé. Ont-ils oublié leurs leçons ? Ils ont été petit et de leurs parents ou professeurs, ils ont appris ce mot et son sens.

- Ah oui, c'est comme quand papa n'arrêtait pas de me dire énervé "qu'est ce qu'on dit, hein, qu'est ce qu'on dit ?" et je devais répondre "pardon" et juste après la punition.

- Eh oui mon p'tit gars, la punition sert à authentifier la sincérité du mot pardon que tu as prononcé peut-être à contre coeur et à ne jamais le prononcer en vain. Il était sage ton père. Il n'y a que les pauvres qui ne peuvent pas acheter de fausses excuses. Allez, viens avec moi. Allons construire un château de sable. On va apprendre en s'amusant.


Le château de sable

Ils disent j'en ai rien à faire avec leur relation avec le prochain

Quel intérêt pour leurs affaires d'obtenir d'eux quelques biens

Qui hurlent à la mort qu'on leur paye leurs droits au prix le plus fort

Amnésique à leurs devoirs même pour un centime de croire subir un tort

Ils ont l'air tout d'un fainéant qui débite les mots sans les avoir étudié

Et voilà le vide qui les entoure qui laisse place à leur maladresse de nous briser

Même mon chat pour un bonjour qu'ils diraient sur leur ton redresse ses poils

N'offenser pas ma bête en traitant ces gens de l'être pour leurs mots qui font mal

Être bien entouré par un langage bien pondéré et la douceur de tes dire

À adapter à leurs personnalités pour voir un début d'amitié se bâtir


Construit moi un château de sable

Dans un désert où les puits sont tarissables

Sans petit seau ni petite pelle

Avec tes mains seules et ta petite cervelle

Par un jour de grand vent sur ses grains

Poussé à bout de le reconstruire chaque lendemain

Quel est le plus beau château entre ceux des autres et le tien

Qui est construit à la plage par ces faiseurs de rien

Même avec tout ce qu'il faut et le plus beau sable

Comment apprécier leur œuvre faite d'un cœur passable


Ont-ils amoncelé touts leurs mots comme ces grains de leur beau parler

Avec beaucoup d'eau pour coller les grains de leur langage hypocritement soigné

Qu'il est vraiment difficile de poser les grains les uns à coté des autres

Avec du sec monter des phrases étudiées qui touche ton votre


Château de plage

Ou château de désert

Orgueil de dire pardon d'un autre âge

Ou le dire et reconnaitre ses travers


Dire je m'excuse sans efforts croyant l'autre toujours coupable

Quel cérémonial de remplir ses devoirs d'une manière si minable

Quand le légitime peut quand même exiger son droit d'être l'offensé

Sans jamais prétendre le son de la trombe d'une mise en scène déplacée

Demander pardon avec orgueil croyant l'affaire classée et son œuvre accomplie

Voilà qui ressemble au château de plage et ses sculptures soi disant abouties

Alors que l'humilité du château de désert s'écroule toujours avant son sommet

Le rebâtir à chaque fois car ces mots si fragile bâtit en phrase tiennent à peine l'effet

Présenter ses excuses comme un document officiel sans limite de validité

Devoir accompli une fois pour toute valable pour un lot d'offenses imprécisé


Prononcer le mot le plus difficile pardonne avant le mot moi

Car seul l'autre a le pouvoir de les prononcer dans l'autre sens que toi

Qu'il est juste de recommencer cette démarche quand le château s'écroule

Seul un être parfait montrerait mes torts qui m'identifient à la foule


Chaque être humain est une île

Pour te connaitre qu'y-a-t-il sur tes rives

Toujours encerclée de plage où le sable défile

Là où on accoste sans ensuite offenser tes terres si j'arrive

À quoi sert le sable sur ma plage échoué

À en prendre quand je te blesse une poignée

Il n'est pas le plus beau mais j'irai le sécher

Je construirai mon château sur un lieu le plus éventé

Il s'écroulera aussitôt que je te l'aurai donné

Te demander pardon accepte ce que cela m'en a couté


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- Je crois que faire des châteaux de sable est le meilleur jeux du monde, me dit-il.

Je l'invitais à connaitre autre chose.

- On va faire un nouveau jeu. On va l'appeler le jeu des questions.

Il n'était pas d'accord et il me dit :

- C'est pas juste. Tu connais toutes les réponses de touts les livres du monde et moi j'ai jamais été à l'école.

Je lui répondis alors:

- Mais attends. Laisse moi finir. Il faut jouer à l'envers. Il faut d'abord choisir une réponse et ensuite deviner quelle était la question à poser.

- Oh oui, oui !!! À moi d'abord. Alors devine. Voilà. Moi je regarde l'eau qui s'évapore de la casserole qui boue. Je vois la vapeur monter au ciel et fabrique les nuages et quand il est trop lourd il éclate et l'eau tombe sur ma tête. Alors, devine quelle était la question ?

- Mon p'tit gars, ta question est " pourquoi il pleut ? ".

- Oui !! Gagné !! À ton tour maintenant.

Il croyait avoir compris et que c'était facile alors je lui donnais ma réponse :

- Je regrette d'avoir été méchant avec toi. Pardonnes moi de t'avoir évité. Alors, quelle était la question ?

- Pourquoi tu es méchant avec moi ?

- Perdu !

- Comment perdu ? Alors ta question est pourquoi tu m'évites ?

- Encore perdu. Vois tu, avec ces questions je peux toujours te cacher les vraies raisons mais si tu demandes " es tu prêt à marcher côte à côte avec moi dans la rue ? ", tu m'obliges à me dévoiler et te montrer la sincérité de mon repentir en acceptant d'être vu avec toi. Sinon en hésitant à te répondre tu comprendras par toi même. Cherche toujours à savoir ce que les autres veulent cacher quand tu poses une question.

Et là, je dois dire que mon p'tit gars m'a bien eu. Il me demanda :

- Serais tu prêt à enlever ton maquillage de clown pour me montrer ton visage ?

J'aurais préféré qu'il me demande pourquoi je cachais mon visage et inventer une réponse mais là je devais lui dire ce que je cachais. Il était trop tard. On était déjà amis.


Les questions

Quel âge remplit les pages de sa connaissance

Blanches à partir de la date inscrite à la mairie

La mesurer depuis le jour de sa naissance

Et la corriger de neuf mois pour ces autres acquis


Deuxième leçon d'apprendre la langue maternelle

Répéter maman par des gazouillis pas très clairs

L'aider pour ses premiers pas dans l'impatience de celle

Qui lui tend ses bras avant qu'il ne tombe sur son derrière


Adultes se contentant de dire fait pas ci fait pas ça

Qui lui collent la punition dite méritée en pleine figure

Accusé de désobéissance alors qu'il ne connait pas encore la loi

Il serait si fière d'honorer votre autorité s'il comprenait cette censure


Pourquoi ci pourquoi ça et commencer par savoir pourquoi le ciel est bleu

Et continuer d'harceler les parents pour obtenir de leur savoir ton héritage

Sinon des inconnus se chargeront de son éducation devenant ainsi leur bleu

Pour entendre se dire à la majorité espèce de ou bien moi à ton âge


Qu'il grandisse en allant à l'école ou en travaillant à quatre ans

Réponses à ses questions récitées par ses nouveaux maitres

À qui l'on délègue le rôle que n'ont plus les parents

Qui se demandent ce que deviendront leurs petits êtres


Affronter les propriétaires du savoir qui choisissent les réponses

Par ses seules questions qu'ils évitent d'écouter

Façonnant les textes en leurs opinions pour faire taire ce que lui pense

Par de grandes encyclopédies qui le livrent à la vie désarmée


Les professeurs qui exhibent la culture qu'ils maitrisent

Forcent l'admiration du petit peuple devant leur intelligence

Mais ils s'alimentent de ces ignorants qu'ils méprisent

Aimer la flatterie ainsi annule l'intelligence de savoir utiliser la connaissance


Ses questions écartées contenu non valide

Même les plus embarrassantes sont légitimes

Pour le former à l'éloignement des choses morbides

La réponse est toujours une question d'intérêt qui prime


Contourner leurs réponses en posant les bonnes questions

Y trouver la vérité à la qualité de sa source

Pour le former à prendre que de bonnes décisions

La question rendra toujours la réponse pleine de ressources


Les enfants auront toujours le don de poser les bonnes questions comme les adultes celui de cacher les bonnes réponses


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À mon ami je révèle mon jardin secret où se trouvent les bonnes réponses.

- Viens, p'tit gars, on va faire un nouveau jeu. Du découpage. Ça va être amusant. Regarde cette marguerite, on va en faire une en papier mais elle sera unique car elle n'existe pas dans la réalité. On la plantera dans le jardin secret pour sceller notre amitié.

Je le voyais content mon orphelin qui vivait dans la rue. Enfin un " document officiel " attestant qu'il allait exister. Je lui fit une carte d'identité, des papiers en spirales.


La fleur en spirale

Toi qui aime le découpage sur du papier en couleur

Prépares toutes les pétales qui composent une fleur

Que tu vas coller sur une autre feuille autour d'un cercle dessiné

C'est ainsi pour toi que la dernière pétale rejoint la première posée

Étrange vision de l'amitié débutante de deux anonymes

Avant dernière pétale non collée pour ne plus perdre deux homonymes

Pourquoi omettre la dernière pétale maintenant que je t'appelle mon ami

Préjugés de croire aux bagarres et à la mort qui diraient que tout est fini

Où bien de croire que la plus belle journée topée dans une main

Devrait être sans fin par crainte d'être gâchée par un mauvais lendemain

Voir l'amitié comme une fleur avec une pétale manquante

Un espace vide où toutes les amitiés viennent mourantes

Non mon ami coupe vite cette fleur au niveau de la pétale vide

Et fixe le premier bout à la tige cat ton dernier était livide

Tire maintenant par l'autre bout où se trouve l'avant dernière pétale

Enroule le tout pour être entrainé dans l'amitié en spirale

Il y a des bagarres qui finissent sans être réconcilié

Qui disent on s'est tout dit et jamais écouté

Savoir lui dire les mots que même le tact blesse

Pour voir ses faux pas à cause de ma peine qui se redressent

Qu'il est facile de parler ayant qu'une bouche mais non pareil

À écouter les choses vraiment importantes car tu as deux oreilles

Questionne ton ami écoutant le ton contenu dans ses réponses

Si les excuses moi je sont plus nombreux que les toi tu alors fonce

Une spirale a toujours un début et jamais de fin

On sera toujours plus fort en additionnant chaque lendemain


Alors que choisis tu de faire

Laquelle des fleurs peuvent te plaire

Veux tu de mon amitié

Elle durera une éternité


Coupe ta fleur à laquelle manque une pétale

Où les jours limités pourront faire très mal

Et notre amitié sans fin sera comme une fleur en spirale


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- Et maintenant j'ai un cadeau pour toi. Ouvre vite !

- Pour moi ? Pourquoi quel jour on est ? me demanda-t-il.

Oui, pourquoi faire des cadeaux juste les quelques dates marquées en rouge durant l'année ? Oui, pourquoi le calendrier doit-il limiter l'affection à quelques gestes par année ?

- Entre nous ce sera un agenda jamais coché pout te garantir des jours et des jours de spontanéité.

Il ouvrit le paquet et il cria :

- Une montre, youppi !!!

Je fus surpris par sa réaction. Je ne m'attendais pas à cela. Et je lui dis :

- Mais ce n'est pas ça mon cadeau ! Réfléchis bien.

Il regarda de nouveau dans la boite mais il n'y avait rien d'autre. Il observa bien cet objet à en étudier les détails. Elle était à l'ancienne, sans aucun chiffre ni date avec juste une fleur immortelle gravée dessus. Il me demanda alors :

- Je ne comprend pas. C'est quoi alors ? Je ne sais pas lire l'heure et tu me dis qu'il n'y a pas de numéro.

- Tu sais, je savais cela. J'ai bien réfléchi et longtemps pour savoir quel était le cadeau le plus précieux que je pouvais t'offrir. Cette montre ne sert pas à lire l'heure. Je ne t'apprendrai pas à le faire, non, surtout pas. Tu remonteras chaque jour la corde. En faisant cela tu remonteras en réalité le temps qui est passé la veille, ce que la montre a mesuré le jour d'avant avant de s'épuiser. En la remontant, tu te souviendras de tous nos hier avec l'attente de savoir tout ce qu'on fera de nos demain. Elle ne servira jamais à donner l'heure mais juste à témoigner que ce que j'ai de plus précieux à te donner, c'est mon temps et la fleur montre que ça durera pour l'éternité. Je te nomme officiellement chef de notre temps. Le temps ne s'arrête jamais mais la montre oui. Ne permet pas au temps de d'arrêter notre amitié. Tu remonteras chaque jour la corde pour te forcer à ne jamais oublier qui nous sommes l'un pour l'autre.

Il ne pensait pas qu'on pouvait offrir le temps. Il dit simplement :

- Je trouve que cela est le cadeau le plus cher que peuvent faire les pauvres.

Je ne savais plus qui était le plus surpris de nous deux.


Les cadeaux

Qui n'aime n'a jamais fait de cadeaux

À en calculer la peine

De ce que coûtera même un petit bibelot

Seul par des mots déclaration d'amour vaine


Toute sa vie à faire de jolies flots

Comptabiliser les vies jamais les même

Envers qui bat son cœur toujours gros

Avec en plus les gestes déclaration pleine


Angoisse des dates marquées sur le calendrier

Visages préparés pour l'évènement attendu

Attentes déçues une fois le paquet déballé

Objets sur l'étagère classés parmi les invendus


Plus de trois cent autre jours pour t'étonner

Par surprise de ma spontanéité qui rend ton regard nu

Qui ne mesure pas la taille du paquet avec ta joie désarmée

Objets exposés dans la vitrine par mon amour qui t'est dû


Il laissera les gros chiffres du prix visibles sur l'étiquette

Famille et connaissance pour l'ouverture du paquet seront réunies

Jugeant la valeur du geste si ça coûte les yeux de la tête

Que seul l'argent dépensé procure une mascarade de fête réussi


Offrir sera mon privilège de donner un cadeau qui coûte sans en-tête

L'autre qui tend la main et le recevoir pour être ébloui

Sans faire son estimation ni attisant les autres par le son d'une clochette

Aucune gêne d'exprimer mon sentiment dans l'intimité de ceux que je chérie


Offrir touts ses vieux cadeaux pour vider ses étagères

Quelle âme généreuse d'avoir donné aux nécessiteux

Se débarrasser de ses vieilleries et les donner à la misère

Et croire d'avoir rendu ces pauvres gens heureux


Acheter même du neuf parce qu'ils ont eux aussi le droit d'être fière

Même si mes moyens sont peu nombreux

Les toucher parce qu'ils pourraient être mes frères

Et donner ainsi devient un geste respectueux


Il a toujours acheté de l'authentique

Pensant à qui il voulait plaire

Et moi souvent des répliques

Pour le bonheur de mes destinataires


Pas d'excuses pas même être égocentrique

Il y a mille façons de donner et te faire taire

Utiliser tes mains et belles pensées fantastiques

Les confectionner même sans valeur monétaire


Si les autres calculent le prix des cadeaux pour être deux

Tu n'imagines pas toute la valeur que tu as à mes yeux


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Il fallait que cette journée se termine d'une façon mémorable. Je voulais aller voir la lune briller dans la nuit. Alors je dis à mon p'tit gars :

- On y va. Allez, on fait la course !

Je m'attendais à ce qu'il accepte avec enthousiasme mais il dit toujours simplement :

- Ah non, je ne veux pas. Tu vas gagner et moi je n'arriverai pas à te battre. Tes jambes sont bien plus longues que les miennes !

Cette fois-ci je ne fus pas surpris car il avait compris. Je voulais qu'il comprenne que touts les hommes et les femmes ont commencé déjà quand ils étaient enfant à se vanter d'avoir toujours quelque chose de plus grand que les autres.

- Crois tu qu'avant ma naissance j'ai pu décider par mes propres mérites d'avoir de plus longues jambes pour battre touts mes camarades à la course ? Comment est-ce possible, oui comment aurai-je fait si je n'existais pas ?

On marcha alors sans arrêt jusqu'à la nuit au moment où la lune prend son poste. Et le spectacle commença. Et je lui dis :

- Regarde comment travaille la lune.

- ????


Le métier de la lune

Quand je serai grand et plus leur mon petit

Je ferai un métier brillant c'est ce que tu dis

Humiliation des premiers sales boulots infligés par tes maitres

Manœuvre à cinq ans qui casse ton corps et tes projets d'être


Calculer les dépenses pour le lendemain à n'en jamais être sûr

Poser ses diplômes de coté et seulement après monter les murs

As-tu su quel est le métier de la lune dans la nuit allumée

Guide touristique pour visiteur nocturne sur la terre illuminée


Visites peu rentables par l'oisiveté des gens endormis

Pourtant si noble par les paysages rendus feutrés dans la nuit

Au garde à vous deux fois par jour au lever et au couchant

Changement de poste qui va honorer celui qui vient devant


Combien sont-ils à lustrer leur profil pensant éblouir leur semblable

Admirant ceux qu'ils appellent étoiles devenant leur public affable

C'est pourtant simple mon petit non euh enfin mon grand garçon

Regarde cette étoile qui s'exhibe sur la scène d'une salle en location


Des milliers de regards convergent sur l'artiste qui a tout donné

Quelle lumière de génie pour la réussite d'une inoubliable soirée

D'après toi dans quel sens est allé la lumière

Il semblerait de la scène vers les gens du parterre


Et s'il n'y avait eu qu'un seul spectateur

Annulation assurée adieu l'artiste à l'égo majeur

La nuit n'est autre qu'une éclipse de terre pour la lune

Comme pièce à conviction de son humilité sa surface est sans lumière aucune


Recouverte d'infini particule de verre qui du soleil reflète sa lumière

Et sa gloire se miroite en elle pour être à la terre son réverbère

Car ce qui grandit l'artiste est le nombre de regard posé sur lui

Pour avoir le don d'attirer l'attention du public et n'être que quelqu'un qui reluit


Demandez à l'éclairagiste si un acteur de sa place peut illuminer d'un projecteur tout l'auditorium

Ou si mille spectateur feront toujours mieux pour illuminer le podium

Mille rayons de soleil dans la loupe convergent sur le papier

S'humilier à la bonne distance de la lumière pour ne pas se bruler


Regarde à nouveau la lune même si elle est pleine

De son savoir faire par son usage qu'elle fait de la scène

On ne voit qu'elle à ses heures de travail dans le ciel noircit

Sans vanité de prétendre que c'est elle qui donne la lumière dans la nuit


Alors dans quel sens est allé la lumière

De la source aveuglante vers cet astre de verre

Énergie de lumière que le soleil dirige sur ce miroir

Que la lune utilise comme connaissance et reconnaitre de refléter sa gloire


Un métier s'apprend-il dans le ventre d'une mère

Ou par la transmission de ceux qui l'avait déjà sur terre

Tu ne savais rien quand tu es né tout nu

Pourquoi te vanter de ça comme si tu ne l'avais pas reçu


Reflète la gloire des autres les servant sans prétention aucune

Pour être honoré de travailler comme le métier de la lune


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On avait regardé et regardé la lune jusqu'à ce qu'elle finisse son poste. Il fallait faire la fête. On est allé connaitre d'autres amis dans un cirque qui passait par là avec touts ces beaux manèges qui l'accompagnaient. On avait envie de regarder partout où ça brille surtout après cette nuit. Les lumières attiraient nos regards dans toutes les directions. Comment faire vu que j'avais envie tout de suite de ma confiserie préférée ? Je lui fis confiance et lui donnais un billet valant dix sous et je me mis à espérer car après tout c'est un enfant. Je l'envoyais chez le marchand de bonbons pour qu'il m'achète "mon bonheur" en sucre. Cette fois-ci quelle ne fut pas ma surprise de le voir revenir aussitôt avec ma "convoitise" dans ses mains et rien d'autre que la monnaie.

- Tu n'a rien acheté pour toi ? demandais-je.

Il me demanda alors :

- Sais tu voir les choses importantes ?

Je croyais que oui et pourtant il ajouta :

- Quand on a vécu tout seul dans la rue, on apprend vite à ne voir que ce qui est vital et ne pas se faire distraire par les pièges des traverses latérales ou les voies sans issue. D'abord le nécessaire, question de survie. Je savais que c'était vital pour toi que je revienne le plus rapidement possible.

Il était capable de traverser tout le centre ville, sa zone commerçante, avec toutes les vitrines luisantes à gauche et à droite sans détourner son regard de l'adresse où je l'enverrai. Je lui donnais à nouveau un billet valant dix sous et de tout dépenser. Je lui dis de s'acheter le plus beau des gâteau et je lui demandais de le manger entièrement devant moi. Je voulais savourer sa récompense, pas la partager.

Il m'a enseigné à flouter tout ce qui ne mettrai pas en valeur mon sujet principal. Je crois qu'il a l'œil simple.


L'œil simple

Comment est ton œil mon enfant des rues où ti vis

Moi qui veut savoir comment tu seras une fois grandi

Ne répond pas de leurs couleurs que tu n'aimes pas toujours

S'ils brillent ou pas l'hérédité t'influence de son passé lourd


Trouver parterre une pièce de la plus petite unité que les autres ne ramassent

Connaitre la valeur de la nécessité à acheter au prix de tes pièces que tu entasses

Tu vas l'apprendre avec tes dix sous dans ta poche

Les dépenser à la fête foraine ici toute proche


Jalouser d'abord les autres enfants des parents aisés

Qui s'offrent tout sans limite de porte monnaie

Friandises et manèges lumières et parfums tous clignotantes

Qui éveillent tes sens et perturbent les choix qui te tentent


Tourner en rond dix fois dans les allées de la fête comme étrange inventaire réfléchi

Compte à rebours des dix pièces en se disant oh c'est déjà fini

Quelle sagesse de t'être offert dix plaisirs à un sou

Au lieu d'un seul des autres qui correspondait à ton tout


Maintenant s'il te plait avec dix sous que je te donne en un billet

Va m'acheter chez le vendeur de friandises une grosse confiserie bariolée

Une de celle qui avec ses couleurs et mon visage pactise

Qu'on ne sache quel est la faiblesse de ma gourmandise


Savourer ma confiserie au prix du reste de mon billet et de ta diligence

Un autre s'arrogerait son dû sur mon billet méprisant même ma patience

Même sans lien de famille ta sagesse a obéit à ma requête

Tes yeux maintenant étonnés se demandent pourquoi je suis à la fête


Depuis le temps que j'en achète à en connaitre par cœur son prix

Aussi de ne m'avoir pas fait attendre et d'être revenu dans ton temps imparti

Apprends des adultes qui font leurs courses dans les avenues des centre ville

Où maintenant manèges et bonbons deviennent autant de boutiques dans leurs pupilles


Ils touchent leurs salaires le trente et un du mois qui va diminuer à rebours

Luttant avec leurs budgets entre plaisir d'offrir et les nécessités du jour

Ils rentrent chez eux avec les noms des magasins écrits sur leurs sacs de course

Touts les articles non mentionnés sur leurs listes et déficitaires sont leurs bourses


Leurs yeux ont dévié là où leurs cœurs auraient tout acheté

Comment combler toutes nos envies par le nombre des besoins et des désirs déséquilibrés

Les gens qui donnent les salaires fructifient les biens qu'ils acquièrent

Ils savent multiplier les intérêts en augmentant les meilleures affaires

Et les autres avec leurs salaires net écrit sur un papier

Ils divisent touts leurs sous avec les choses qui ne doivent pas manquer


Et la morale sera toujours celle-ci

Les pauvres divisent et les riches multiplient


Alors comment est ton œil mon petit

Moi qui sait comment tu seras une fois grandi


Toi qui connait la valeur des sous gagnés dans la rue

Aucun d'eux ne tombera pour un achat non voulu

À vouloir regarder toutes les beautés avec une étiquette collée

On rentre chez soi les poches vides et ses objectifs ratés


Épreuve réussie avec tes dix sous à la fête foraine

Dix décisions muries et accomplies et rentrer pour éviter la peine

Épreuve réussie avec ma confiserie bariolée rapportée promptement

En évitant la tentation et d'aller directement chez le marchand de bonbons

Décider quel sera le sujet principal de ta photographie

Exécuter la mise au point sur celui-ci

Et ton œil toujours simple qui regardera que l'objectif de ta vie

Sera la récompense du chemin que tu auras poursuivi


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Faisons un pacte mon p'tit bonhomme. Promettons nous une chose importante. Je veux qu'entre nous, toi et moi, on n'utilise jamais un mot devant avoir ou être. On ne dira jamais "avoir le ou la meilleure" et "être le ou la meilleure" pour ne pas détruire l'amitié. Ce qu'on a ou ce qu'on est de meilleur nous rendra heureux que si c'est pour donner. Donner le meilleur de ce qu'on a ou donner le meilleur de soi pour les autres plutôt que recevoir, c'est comme ça que nous deux on se fera de nouveaux amis.

- As tu déjà joué à la balle au prisonnier ?

Dans ce jeu, au début touts les amis sont au milieu et chaque fois que la balle touche quelqu'un, celui-ci va en prison. À la fin il en restera qu'un seul et qui souvent oublie de libérer ses amis préférant la gloire du fanfaron. On règle toujours ses comptes quand on sort de prison. Et il me dit :

- J'aime pas ce jeu.

- Pourquoi ? voulais-je savoir.

- Parce qu'il y a pire que perdre ses amis, c'est de les voir se retourner contre soi à cause de soi.

- ?????


Perdre ses amis

Toute une vie à répéter les même gestes

Avant la vieillesse et ses outils rangés dans la rouille

Parmi ces milliards où sera mon nom ou ce qui en reste

Empêcher le temps d'effacer ma trace avant les prochaines fouilles


Un jour l'héraut du souverain criant sur la place du village

Concours du meilleur artisan sans limite d'âge

Mon nom gravé sur mon œuvre et à coté du souverain

Ne pas mourir d'anonymat mais un sens enfin


Ils étaient tous là de toutes les provinces

Même métier même passion

Anecdotes racontées dans nos discussions

Angoisses cachées d'un sourire d'espoir si mince


Règles établies un concurrent éliminé par épreuve

Chambres bruyantes du palais où les amitiés naissent

Sincérité de ces bons sentiments qui envers le premier prix ne les délaissent

Être le meilleur à tout prix au détriment de cette camaraderie neuve


Première épreuve terminée et une affinité qui s'éloigne

Continuer bien sûr plus que jamais pour la gagne


Égoïsme calculé ne rien lâcher pas une aide

Garder toutes ses astuces camoufler son expérience

Vouloir tout donner d'une manière si laide

Être le meilleur et réduire les autres au silence


Les semaines ont vidé les chambres du palais

Il n'y a qu'un premier le jour de la récompense

Où sont toutes ces amitiés connu par ce biais

Chambres résonnantes combleront-elles ma recherche de sens


Qu'on l'emmène dans ses quartiers

L'héraut ne tardera pas de l'annoncer


Meilleur artisan du royaume à son service

Ne pas commettre la même erreur mon fils

Au début tous là unis pour ne former qu'un

À la fin toi las que de rester qu'un

La vieillesse rentre aussi dans les palais

Ses outils quitteront aussi l'habileté de ses mains

D'autres hélas suivront le même chemin

Jeunes dépassant le maitre oubliant qui lui il était


À avoir peur de tomber dans l'oubli

À vouloir être le meilleur on en perd ses amis


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- Sais tu quel est le métier que je préfère ?

- Faire rire les gens ? répondit mon p'tit gars.

- Mais non. Si j'arrive à te faire rire même sans être payé, c'est que ce n'est pas un métier. Sinon un fois le travail terminé, fini de rire. On ne ramène pas son travail à la maison.

- Mais on a pas de maison !

- Voilà pourquoi c'est mon métier préféré, ah ah !! Mais non, pour de vrai, ce que j'aime c'est le travail des femmes de ménage. Qu'ils sont bêtes ces hommes qui les méprisent ou les ignorent alors qu'il y a aussi des hommes de ménage. Double discrimination, double bêtise. Ce qui est beau c'est que derrière elles, elles ne laissent jamais de traces et "leurs traces". Imagines qu'une femme de ménage ait la plus belle voix du monde. Comment pourrions nous l'honorer ?

- En l'invitant chez nous, euh pardon, en l'invitant avec nous !

- Oui c'est bien mais tu honores qui en l'invitant on va dire dans notre "chez nous" ?

- C'est vrai. Ce serait plus pour nous vanter de dire qu'Elle a été chez nous.

- Le plus grand honneur pour elle serait d'accepter son invitation chez elle en tout anonymat surtout si tu te considères être quelqu'un d'important. Imagines qu'un élève soit très doué et qu'il dépasse son maitre. Imagines encore qu'il soit invité chez le maitre, dans sa maison. Que pourrait dire le maitre ?

Mon p'tit bonhomme réfléchit puis il me dit :

- Il pourrait se vanter de lui avoir tout enseigné et la gloire retomberait sur lui, ce qu'il ferait à sa plus grande joie devant touts ses amis.

- Et imagines maintenant qu'il soit invité à la maison de son élève et qu'il s'y rend en sonnant la trombe devant touts ses amis ?

- Alors là aussi il en profiterait. Il dirait que sa présence est nécessaire parce que sans lui son élève resterait petit. Il dirait que sans lui, l'élève serait rien.

- Tu as compris mon p'tit gars. Le maitre a toujours peur d'être dépassé par son élève. Le plus grand honneur pour l'élève serait d'accueillir son maitre chez lui, dans sa maison dans l'anonymat totale.

L'élève est toujours honoré par le maitre si celui-ci n'augmente pas sa gloire en co-écrivant son talent.

- Pour nous l'amitié n'est pas une photo sur une affiche de rue

mais une photo encadrée qui se pose sur une table de chevet.


Les gens ordinaires

Quand ils sont tous partis ou tôt le matin avant de les voir retourner

Éblouis par ses cires sans vouloir connaitre qui les a étalées

Rangeant ses chiffons et sortir par la porte détournée

Essuyant les reproches même si tout est si bien astiqué


Métier inexistant répertorié sur la liste improvisée par son sexe

Alors travail toujours recherché par toutes celles qu'on vexe

Femmes de ménage et leurs vies routinières

Si nombreuses d'être des gens ordinaires


Même si intelligentes instruites et extraordinaires

Les jury décernant les titres n'en ont que faire


Tant d'années à siffloter en nettoyant les couloirs

À se positionner en faisant briller les miroirs

Avec ce don sans prendre ces chers cours du soir

N'imitant pas les plus grands qui aiment se faire voir


Monter les marches de son immeuble au quotidien de sa peine

Comme un agent appâté par le gain découvrant son talent propulsé sur scène

Fin de spectacle complexée par ses collègues aux poubelles pleines

Travail ou métier le choix de cette vie qu'elle mène


Invitation d'honorer par sa présence la plus grande étoile

Retour par le courrier du refus de cette gloire inégale

Quel prix à payer dépensez vous pour sa présence

De la bonne nourriture en si petite quantité pour ses sens


Sa photo avec vous sur un journal qu'on lit avec indécence

Votre gloire s'en grandi même blasé et déjà immense


Vouloir l'honorer et connaitre la sincérité de votre médaille

Un prix très élevé de monter ses escaliers et sans brailles

Demander à sa cour et touts ses admirateurs qu'ils s'en aillent

L'honorer de votre seule présence sans bruit dans son quartier un geste sans failles


Une étoile qui honore une femme de ménage

En s'abaissant de son ciel et par ses fenêtres pénètre ses voilages

Mutuellement honoré mais qui par toutes les faces

L'étoile par les autres glorifiée qui manque d'audace


Vouloir réussir et devenir quelqu'un se faire un nom dans la société

Recevoir la fierté méprisant les gens ordinaires qui sont la majorité

La femme de ménage servante et nettoyant toutes les surfaces

Même vous les servis êtes si peu nombreux qui occupez si peu de place

Les gens ordinaires les serviteurs qui sur terre occupent toute la place

Vivent comme elle qui même après avoir nettoyé jusqu'à leurs palaces

Après son service quoiqu'il arrive elle rentre toujours sans jamais laisser sa trace


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Mon p'tit bonhomme me demanda un jour :

- Tout le monde se maquille pour être beau. Les filles, les acteurs et même les hommes à la télé. Pourquoi toi tu te maquilles pour devenir moche ?

- Moche ?? Mais non. C'est tout le contraire mon p'tit. Si tu te contentes de voir sans regarder alors tu ne comprendras pas ce que tu vois. Comprendre pourquoi c'est beau. Est ce que tu penses que je triche avec toi ? Par exemple, est ce que je peux te cacher ma tristesse ?

- Avec ta tête sûrement pas. Avec ton maquillage on dirait que tues le plus triste du monde !

- Et quand je suis heureux ?

- Tu as l'air d'être encore plus rigolo que n'importe qui !

- Et oui ! Vois tu, mon maquillage permet à toi de voir mes émotions, mes sentiments car il les rend visibles. C'est peut-être pour cela aussi que les gens aiment les clowns. Ils aiment "leur beauté". Il n'y a que la beauté intérieure qui ne disparait pas avec le temps. C'est comme les maisons que l'on voit que par leurs façades décrépies qui conservent dans les murs intérieurs les belles histoires de ceux qui les remplient.


Les fenêtres en miroir

Il appartient à celui dont le nom est écrit sur le journal intime

Avec des mots plus ou moins superficiels de l'entourage qui l'anime

Les premiers étaient copains de quartier et les autres peut-être d'école

Scellant des promesses dans ses pages avec de petites images que l'on colle


Terrains de jeux aux règles arbitrairement établies par ceux de la bande

De nouvelles amitiés qui n'existaient pas encore il y a quelques secondes

Sans condition d'admission pour que tout le monde s'éclate

Une clause seulement que tous le fassent à en devenir écarlate


Qu'est-il arrivé à mon corps qui a de tout emmagasiné

S'ils me reverront avec quel souvenir après toutes ces années

Regarde cette maison avec ses fenêtres en miroir

Quand sa porte s'ouvrira te dévoilant mes histoires


Mais d'abord voir ce qui apparait en premier à tes yeux

Un physique que l'on aime ou pas et peut-être ensuite les aveux

Reflet figé de mon image comme gelé sur ces miroirs

Pour constater touts mes défauts physiques accumulés comme un avoir


Comme cette vieille photo avec ma peau lisse de bébé

Ou celle d'avant hier avec mes rides de pépé

Dirai-je de mes amis oh là là que tu as grossi

Pensent-ils que je suis juge de leurs défauts acquis


M'attribuer à moi ce rôle de critiquer leur nouvelle beauté extérieure

Où est ma liberté de parole pour être crédible mais pas comme un adulateur

Pour savoir qui je suis vraiment alors ne pas se mirer à mes fenêtres

Quoi penser de moi en toquant à ma porte et voir tes préjugés disparaitre


On n'expose pas les photos de famille sur les murs extérieurs de sa maison

Franchis son seuil et regarde les murs remplis par ces encadrements

Vouloir toujours déchirer les pires pages des livres d'histoire

Patrimoine indélébile même de ces instants affichés dans mon conservatoire


Témoins de ma déchéance depuis l'âge de mon innocence

Pour arriver à la sagesse mais devoir tirer sa révérence

Avec toutes ces bêtises de la période ingrate

Jeune et tout puissant et pas de ceux qui ratent


Quand reverrai-je mes amis qui diront de ma face

Ta façade est décrépie comme les nôtres qui passent

Je ne savais que pleurer dormir et manger le premier jour

Rien d'intellectuel mais déjà malin d'exiger par mes cris de l'amour


Chemin de l'école en deuxième année pour apprendre la forme des lettres

Et les nouer entre elles pour écrire les premiers mots maman à n'omettre

Leçon de choses pour avoir le mode d'emploi du monde et ses règles administratives

Obtenir un certificat et me voilà prêt pour la vie qui était déjà active


Apprenti qui écoute maladroitement comment exécuter les bons gestes du métier

L'expérience aidant et dépasser peut-être son maitre après plusieurs années

Arriver à soixante ans et ranger ses outils à l'heure de la retraite

Croire avoir tout appris alors que tes connaissances sont incomplètes


Ou apprendre le métier d'un autre qui devient pour toi un passe temps

Et développer toute la subtilité de ses détails si on l'exerce à plein temps

En cinquième année on en saura toujours plus qu'en première

Parce qu'aujourd'hui on en saura toujours plus que hier


Parce qu'un adulte en saura toujours plus qu'un enfant

Parce qu'un grand père qui apprend du demain renouvelle son dedans

Relire nos joies par leurs traces laissées dans mon journal intime

Se contenter de cela car peu d'entre eux encore l'animent


Accepter ce vieux corps usé comme récompense du temps qui est passé

Ne pas oublier que l'homme intérieur depuis s'est renouvelé

On ne rentre pas dans une maison par les fenêtres

Mais par la porte si sincèrement on veut découvrir son maitre


À part le médecin qui est aussi de famille qui lui aussi rentre chez moi

Il n'y a que les amis qui portent le même nom que mon intime qui sont ayant droit

Si c'est toujours le même fanfaron qu'ils complimentent

Pourquoi avoir amélioré sa personnalité durant toutes ces années enrichissantes


Quoi décider de voir de cette maison avec des fenêtres en miroir

Un extérieur vieilli ou dedans de beaux tableaux dans tous les couloirs

C'est comme des miroirs de police dans la salle d'interrogation

Comme le témoin dehors qui observe l'inspecteur qui dedans pose les questions


L'œil est un miroir de police dont le coté brillant externe reflète ton image

Et le coté transparent interne voit comment du visible faire le décodage

De quel coté on se trouve détermine le sens de notre regard

Les yeux ne se retournent jamais vers mon intérieur qui fait office de butoir


Si comme seul sens la vue devrait lire la définition de ta personne

Touts les défauts retenus confirmeraient une lecture pas bonne

Se revoir après tant d'année et nos souvenirs qu'on révise

Pour conserver notre amitié à jamais et qu'elle ne s'amenuise


Comme mes miroirs fidèles qui ne cachent pas la franchise

D'avoir la gentillesse d'éviter ces mots que les autres disent


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- D'après toi mon p'tit bonhomme, les gens qui marchent sur ce tapis roulant là-bas, est-ce qu'ils bougent ?

- Et bien si ça roule, ça bouge.

Comme les apparences peuvent nous tromper. On alla regarder de plus près. Quand les gens ne marchaient pas c'est là qu'ils avançaient. Alors on se mit à jouer chacun son tour. Je commençais à marcher à contresens sur le tapis roulant et lui qui était de l'autre coté me regardait. Je lui demandais :

- Et maintenant, est ce que j'avance ?

- Comme c'est drôle, on dirait que tu ne bouges plus.

On s'était bien amusé ce jour là. Qu'on bougeait ou qu'on bougeait pas, on s'amusait.

On a tous peur de la routine, qu'on bouge ou pas. Un sédentaire bouge plus sur la terre qui tourne qu'un nomade qui marche à contresens sur la terre. À vouloir toujours voir ce qu'il y a derrière la colline on finit toujours par retourner au point de départ puisque la terre est ronde et tourne. Il ne faut pas seulement aller à la rencontre de nouveaux amis. Il faut retourner les revoir.

- Regarde ces deux là. Lui était forain et elle, elle était caissière dans un parc naturel grandiose. Depuis qu'ils se sont mariés, ils ne s'ennuient plus.


Les forains

Question mille fois répétée

Combien vous en voulez

Pour cinq sous voilà un ticket


Les clients venaient en famille avant

Toujours pour passer du bon temps

Et lui distrayant aujourd'hui surtout les jeunes gens


Jamais diplômé à vouloir toujours faire la fête

L'appeler un travail est ce possible s'il est chouette

Bonheur garanti par le forain des devis honnêtes


Est ce la terre qui tourne comme une roue

Et sa roulotte immobile dessus et elle qui bouge dessous

Ainsi devient son domicile fixe et les sédentaires êtes vous


Manège démonté après touts les billets vendus

Caisse chiffrant la joie des nouveaux venus

Quoiqu'il arrive on dit toujours que le spectacle continue


Leurs cris bruyants qui assourdissent sa routine

Leurs rires tournants qui démaquillent sa mauvaise mine

Et tenir longtemps chaque fois qu'une foire se termine


Inverser les rôles et prendre des vacances

Ne plus bouger d'un lieu qu'une cadence

L'environ qui l'émerveille pour relance


Site grandiose naturel comme lui être ancré

Pousser les cris de joie ici c'est aux autres de bouger

Caissière à l'entrée du parc par son histoire éberluée


Travailler à rendre les gens heureux

Touristes qui s'émerveillent à visiter les lieux

Lui reconnaissant en elle le même regard éteint de ses yeux


Elle rêvait toujours de partir loin

Vivre sa vie un peu comme les forains

Et ne plus vivre comme un jour sans fin


Une maison sans roue aurait été pour lui l'idéal

Désormais qu'une adresse comme fidélité matrimoniale

Et ne plus connaitre de jour banal


On dira maintenant que la routine fait bien les choses

Forçant les êtres à se croiser pour fuir le morose

À faire des concessions est ce le mariage qu'il propose


Oblitérer pour ce grand site et s'ankylosé pour être lui aussi un peu plus casanier

Sa grande roue quittant son axe roulant sur la terre avec quelques autres petits passagers

S'il divise par deux sa virile entité car un peu de bougeotte conquerra sa moitié


Forain qui sans diplôme a appris car l'enseigne dit de père en fils

Héritant ce nom car qui veut de cette vie de sacrifice

Sans école de forain transmettre ce savoir toi le père à ton fils


En fin de compte à voir vos têtes

Je crois qu'être forain ça doit être vraiment chouette


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Il avait remarqué que je prenais en photo touts les nouveaux amis qu'on se faisait et il me demanda pourquoi je ne l'avais jamais pris en photo.

- Pas besoin, je sais toujours où tu es et je te revois tout les jours.

- Qu'est ce que ça veut dire ? Que je compte pas ? me dit-il presque déçu.

Je lui demandais :

- Vas chercher mon album de photos et regarde le.

Il l'ouvrit et ne comprit pas. Il le feuilleta et me dit tout étonné :

- Mais où sont toutes les photos, il y en a aucune et puis c'est quoi toutes ces adresses ?

D'habitude on met les photos dans l'album et quand on les regarde on se dit qu'on a revu ses amis. Mais je n'aimais pas ça alors je mettais les photos à l'envers et j'écrivais sur le verso l'adresse où ils habitaient. Comme ça, en feuilletant l'album, je savais où aller pour revoir mes amis. Alors je lui dis :

- Mais toi mon p'tit gars, tu es le seul ami que je revoie tous les jours donc je n'ai pas besoin de ton adresse et de ta photo. J'ai mieux. J'ai ton "direct".

On avait pas d'adresse tout les deux. Il regarda la montre que je lui avais offerte et il se mit à "compter le temps". Il comptait pour moi et il le sut ce jour là.


L'album sans photos

La première fois que j'ai pleuré je n'étais pas triste

Dans la courte période où n'existent les souvenirs

Parce que maman et papa m'embrassèrent la première fois à ma naissance


La première fois que j'ai pleuré pour un adieu triste

Quand toutes mes actions depuis se transformaient en souvenirs

Parce que maman et papa m'embrassèrent pour la dernière fois le jour de ma partance


Ce moment fixé sur une photo ne sera plus ôté désormais

Du souvenir protégé dans l'album où pour toujours apparait leur portrait

Ne vouloir jamais partir pour ne pas affronter ce moment où on se dit salut

Et rester avec ceux que tu aimes avec ceux que tu as connu


Tu dois les quitter mais hélas sans quitter les regrets qui t'accompagnent et tu pleures

Tu arrives dans un nouvel endroit qui accueille seulement toi et voilà la première des douleurs

Mais les larmes se sèchent devant les nouvelles personnes rencontrées

À aimer pendant que tu écris des cartes postales à ton passé


Si tu étais resté tu n'aurais pas connu ces nouvelles histoires

Qui dormiraient encore dans le secret au fond d'un tiroir

Pour avoir courageusement affronté l'adieu voilà de nouveaux amis

Et leurs photos continuent à remplir l'album pas encore fini


Apprendre à ne plus pleurer pour un adieu en pensant aux nouveaux amis en devenir

Quand c'est fait il faut recommencer pour un nouveau départ et lancer l'avis de recherche du sourire

Partir pour ajouter ainsi dans l'album une photo de ceux que tu as laissé

Arriver pour ajouter une photo pas encore déclenchée qui attend elle aussi sa place réservée


Partir ou arriver pour connaitre touts les amis de ce monde

Voilà comment remplir l'album des photos de ma ronde

Seulement après avoir connu le dernier de tout les amis

Je mettrai un point à la dernière page de celui-ci


Seulement alors tu cesseras de quitter quelqu'un et tu diras adieu à l'au revoir

Tu trouveras toujours quelqu'un que tu connais si tu iras n'importe où les voir

Ne plus pleurer pour ceux que tu dois quitter

Mais exulter pour ceux que l'on va retrouver


Conserver une photo comme souvenir

Et espérer voir un jour l'album se remplir

Quand touts les inconnus seront tes connaissances

Il sera rempli d'eux et l'adieu aura la place de l'absence


Le moment sera venu d'enlever toutes les photos

En commençant par la première page où figure mon premier mot

Et dans l'album sans photos y mettre toutes leurs adresses

Pour se rappeler où chacun habite grâce à nos courriers express


Dans l'album tu ne regarderas plus une photo en pleurant

Pour un moment qui vit dans le passé du temps

Tu regarderas l'adresse d'un ami pour organiser ce voyage

D'aller voir celui-ci sinon quel dommage


Arroser une plante pour la voir fleurir et ne s'assèche pas

Entretenir de même l'amitié comme ça

Revoir un ami comme lui amener une goutte d'amour

Savoir combien de gouttes remplissent la mer pour savoir combien est grand l'amour


Voilà une maille de plus qui renforce un vêtement sans couture

La force des relations ne lâchera pas comme ceux au niveau des soudures

Qui reviendra toujours me rappeler les mots de notre histoire

Relire notre texte nous donnera toujours l'envie de nous revoir


Quel bonheur de connaitre tout le monde avec ce genre de liens

Et les revoir toujours pour qu'un ami soit comme un refrain

Être toujours en partance et les revoir tous parce que la terre est ronde

Tout compte fait voilà la vie que nous allons faire dans notre nouveau monde


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- Tu vois mon p'tit bonhomme, on fait comme le facteur. Il n'a pas de photos sur lui et pourtant il connait touts les visages des gens qu'il va voir tout les jours à qui il ramène ses lettres. Alors mon p'tit facteur, viens avec moi. On va ramener "une lettre" à notre ami dont l'adresse figure dans l'album sans photos.

Quand on arriva chez lui mon p'tit gars me dit en rigolant :

- C'est amusant, il te ressemble et pourtant il n'a pas de maquillage !

- C'est notre ami, il est lépreux. Regarde comme il est heureux de nous voir !

C'était un enfant drôlement rigolo. Il aimait les bonhommes de neige noir. Depuis qu'il avait vu le négatif d'une photo d'un bonhomme de neige blanc, il voulait inverser les rôles. Pourquoi les autres faisaient une de ces têtes quand ils venaient le voir ? Il voulait voir le "négatif" de leurs têtes en espérant les voir avec le sourire.

L'intérieur d'une maison est dans le noir quand l'extérieur est à la lumière. Il voulait comme moi illuminer les intérieurs pour découvrir de quoi les autres étaient faits.

On s'amusa tout les trois, toute la journée à faire des bonhommes de neige noir.

Positif, négatif, noir ou blanc. Peu importe la couleur de la beauté intérieur quand elle complète son corps même lépreux.


Le bonhomme de neige noir

Il n'avait pas souri depuis si longtemps

En voyant mon visage de clown au sien ressemblant

Un demi cercle vers le bas de sa bouche sur son visage triste

J'ajoute mon demi cercle vers le haut et voilà un o optimiste


Colorier toutes les plaies de ta figure voilà un jeu qui va t'amuser

Et faire des grimaces accentuant l'entière gamme d'émotions par nos portraits

Forcer ainsi le regard des autres à se calquer sur le rire de nos bouches

Où est ta différence si ainsi ils comprennent que ta lèpre les touche


As tu vu le bonhomme de neige noir et sa grande beauté

Souriant toujours de sa grande bouche et une carotte comme long nez

Façonné d'une boule enroulée dans la neige blanche par mille câlins

Déclarant que le séduisant n'a que cette couleur qui aveugle à en être certain


Ils diront de toi quel charme de défendre ton si joli caractère

Message codé pour dire quel monstre affreux le plus repoussant sur terre

Opposer ce qui attire les yeux à ce qui est moche

Un être dessiné comme une statue et l'intérieur cloche


Comment dessiner la gentillesse l'humilité autrement que sous formes imagées

Est ce la raison de ne pas les voir qui nous indispose envers ces rejetés

Garde le souvenir de ce bonhomme de neige noir mon petit lépreux

Pour une fois c'est lui qui sera sur la photo et le blanc envieux


Regarde le négatif de la photo coté noir ou coté blanc pour comprendre

Peu importe le sens les beautés que l'on opposent doivent se confondre

Négatifs aux formes noires pour du blanc sur le positif

Alter égo pour du noir sur le positif car les deux sont complétifs


Bonhomme blanc bonhomme noir ne font qu'un

Être heureux de servir l'autre pour qu'il soit le numéro un

Améliorer avec des artifices le corps que tous jugeront d'une esthétique refaite

Habiles sculpteurs que la chirurgie devant la vieillesse accuse sa défaite


Séance de maquillage avant d'entrer en scène pour appeler le compliment

Car au soir pour l'enlever la fatigue qui va se mirer refuse la passe du temps

Opérer des changements car le bistouri ne peut le faire pour des défauts en soi enracinés

Ou les maquiller pour faire croire que ses qualités étaient déjà en soi innées


On ne triche pas car être vilain fera toujours de nous un canard

Qui peut nager près du roi si le vert de ses plumes embellit la mare

Ne pas y jeter un pavé car tous seront touchés par tes éclaboussures

Rentrer dans l'eau par le bord pour ne pas les conquérir avec ta dictature


On ne peut pas ajouter indéfiniment une nouvelle couche de peinture à sa façade

Elle finira par écailler comme les rides après la jeunesse raconte cette lapalissade

Alors qu'un tout petit qui apprendra à dire merci se prend pour le roi sinon il pleure

Il abdiquera car les nobles qualités de lui faire dire après toi fera sa grandeur


La vue de ta maladie détourne les regards de ceux pour qui la beauté respecte les normes

Et passant à coté de la valeur de ta personnalité où notre forte amitié prend forme

Comme un petit caillou que l'on jette à l'eau et voir se propager ses ondes

Qui m'atteignent de ces cercles qui s'élargissent vers des amis qui correspondent


Est-il possible de photographier un bonhomme de neige noir

Comme il est difficile d'aller au-delà de ce que les yeux veulent bien voir

Resserrer chaque flocon en rang pour que nos liens soient à la bonne température

Car à un certain degré la neige fond si l'on veut que notre amitié perdure


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On riait tellement qu'on a dû se dire au revoir aux éclats et se dépêcher de partir. On aimait plus les "au revoir" que les arrivées car on repartait avec encore plus de beaux souvenirs et toujours avec hilarité.

Pour nous calmer, on alla regarder l'arc en ciel. D'habitude l'archer tire sa flèche vers la cible mais ici le soleil lançait ses flèches sur la pluie et fabriquait un arc. Ici les flèches de lumière blanche fabriquaient un arc en couleur. Et puis tout à coup, mon p'tit bonhomme s'écria :

- Mais ce n'est pas un arc. C'est un rond coupé en deux par l'horizon. Quand le soleil lance une flèche sur un nuage, celui-ci éclate en rond de couleur.

- Mais oui, tu as raison ! Et même que les couleurs font la ronde. On dirait qu'on doit faire la même chose. Chaque pays a une couleur différente. Elle est même exposé sur des drapeaux. En ronde ils feraient beaucoup de lumière. Après tout, les couleurs superposées donnent la lumière blanche. Pourquoi veulent-ils d'une seule couleur ? Si on les mélanges toutes en effaçant la frontière des couleurs, il n'y aurait plus de ténèbres.

- Le soleil, quelle sagesse sur son royaume !


Pays égaux

On l'appelle l'enfant du pays

Parce qu'ici il est né

Il en a mangé touts les fruits

Sans jamais voir aucun étranger


Des papiers pour celui

Qui a une autre identité

Rester dans la terre où l'autre vit

Déjà méfiance d'atteinte à sa liberté


Être sa curiosité amusante

Si sa présence est écourtée dans son village

Toutes les portes refermées se fréquentent

Essuyant même ses traces derrière son passage


Son pays existe dans la limite de ses frontières

Petit cercle fermé qui l'exalte de son nom

Vivre coincé dans ses pensées qui le rend fière

Erigé tout cela et limité tellement son horizon


Tout recoin de son territoire et en faire le tour

Sites classés à envier ta carte postale

Énerver les autres par la beauté de ton alentour

Uniformité du paysage pour toi désormais banal


Son village sera toujours le plus beau à ses yeux

Ses racines s'appropriant la terre avec un écriteau qui dit privé

Il ne pourrait pas vivre ailleurs car d'ici il en est amoureux

Ses valises remplies de déprime s'ouvriraient-elles dans d'autres localités


Tout le monde dit la même chose de ses plus beaux vers

Que craint-ils alors de leurs vœux

Ils ne viendront pas envahir tes terres

Eux aussi veulent rester chez eux


Ton pays qu'il ne faut pas dénigrer pour sa richesse

Car touts les autres aussi ont des même valeurs

Certaines différentes mais ayant eux aussi leurs pièces maitresses

Touts ces pays additionnés te seront toujours supérieurs


Chaque pays vantera toujours la teinte de son monochrome

Si le Grand Peintre a choisi une toile ronde pour étaler toutes vos couleurs

Pourquoi vouloir imposer que la tienne car pour la lumière toutes travaillent en polynôme

Car si le bleu domine le monde ce n'est que sur la terre que l'homme demeure


Unique demeure dépeinte par nos pays

Assis tous autour de la table en rectangle

Avec leur chef assis au bout de celle ci

Parce que personne ne veut arrondir ses angles


Et pourtant il n'y a pas de chef si la table est ronde

Comme il n'y a pas de pays chef car de même est fait le monde


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On entendait à peine une musique au lointain et puis soudain un gros boum qui nous fit sursauter.

- C'était quoi ce bruit ?

On ne devait pas avoir les même oreilles car je lui répondis :

- Ce n'était pas un bruit mon p'tit gars, cela faisait partie de la musique. Tu ne connais pas la grosse caisse ? Tu n'as pas ressenti le sentiment avec lequel il a été produit ?

- Comment ça ? dit-il étonné.

- Quand tu entends le vent qui souffle fort, à quoi penses-tu ?

- À un géant en colère, tout puissant.

- Et quand il arrête de souffler et que la mer se calme, à quoi te fait penser le bruit des vagues ?

- Au même géant, qui une fois sa colère passée, me chante une berceuse.

- Oh toi alors !!!

- Et même que si le Géant retenait sa respiration, il n'y aurait plus d'air et il n'y aurait plus aucun bruit, plus aucun son et que ce serait terrible de ne plus entendre la musique et les mots qu'on veut se dire et qu'on aime entendre.

- Ah toi alors !!!

Il avait raison. Les bruits du Géant chantaient. Mais s'arrêter sur un seul gros "boum" peut sembler irritant si le contexte est vide. Voilà pourquoi je lui demandais d'ouvrir au hasard l'album sans photos et prendre une adresse et regarder au recto. Il y avait un visage en colère sur cette photo et il me demanda alors :

- Pourquoi gardes tu cette photo ? Il a l'air méchant.

- Mais pas du tout ! Il est très gentil.

- Je ne comprends pas, me dit-il.

- C'est parce que tu n'as pas vu toutes les autres photos qui accompagnaient celle là où il avait un aspect un peu plus normal. Mais sur cette photo il allait éternuer et là il semblait "bizarre", c'est vrai, mais mois je trouvais cela marrant. J'aime surprendre mes amis avec mon appareil photo.

- Aaaaaaahhhhhh !!!!!!!

Comme il est facile de se tromper ou de manipuler qu'une image des autres. Comme la musique. Une seule note bruyante et ....... Il faut la remettre dans la symphonie.

Touts les bruits qu'on entendait dans la nature nous paraissaient orchestrer la plus belle des chansons et mon petit gars se contenta de dire simplement :

- La musique, ce n'est que du bruit poétique.

- Oooooooohhhhhhh !!!!!!


Le photographe

Pour les autres qui regardent nos poches sans papiers

Voilà deux êtres sans existence d'identité

Apatrides sur la boule de ce monde

Comme sans chefs assis autour d'une table ronde


On m'a toujours appelé clown ça les amuse

En étais-je le clou du spectacle ou leur muse

Et toi qui pour un sou gagné dans la rue tu faisais le zouave

Fraction de ta personnalité qui les conquit en éclats de rire qui les gavent


Il va falloir te donner un nom

Même si cela prendra du temps

Devant ton regard dirige sur moi cet appareil photo

Et autant de fois que tu voudras d'appuyer sur le bitoniau


Les moments de ta vie que tu préfères en rafales

Trier tout le lot pour en garder les plus belles focales

Moi qui provoque leurs rires à chaque fois qu'ils m'acclament

Me moquant de leurs défauts par mes faux blâmes


Et cachant les miens par un maquillage qui rend laid

Je me met en colère aussi derrière les rideaux sinon je serais parfait

D'abord un visage fermé qui commence par ouvrir la bouche

Puis quatorze muscles faciaux s'animent pour parfaire sans retouches


Le mouvement d'une seconde où les vingt quatre images s'articulent

À vitesse normale où un sourire se fige sur la pellicule

Imprimer par exemple la septième image de ce sourire en formation

Attention au choc d'un visage qui ainsi exprime on dirait de l'agression


Décomposer la vie des gens qu'on a croisé sur de brefs instants et que l'on inquisitionne

On se trompe si l'on ajoute pas les bons moments pour savoir ce que vaut une personne

Dira-t-on d'un tout petit nuage dans le ciel qu'il fera mauvais temps

Oublier tout le bleu autour et cette journée est salie par cette mauvaise réputation


Comment oublier la carrière du meilleur jongleur au monde et touts ses accessoires

Mémoire injuste pour une seule quille tombée où commencent ses déboires

Si on nous prend en photo sur un de mes coups de nerf

Avec en gros titres voilà comment sont ces deux partenaires


Des liens de parenté encore plus fort pour un mot se brisent

Même dans les funérailles leurs regards affrontent ceux qu'ils méprisent

Ouvre maintenant ton album et disposes tes photos

Ton regard sur moi est capable d'oublier mes défauts


On ne fait pas d'album intime comme les malheurs vus dans les journaux

Où leurs unes réjouit la curiosité de ceux qui aiment ce papier faux

On ne prend pas de photos dans les hôpitaux ou dans les cimetières

Ni de touts les jours excédentaires vécus dans la misère


Ou de touts nos heurs qui ont défilé en irritant mes grimaces

Abstiens toi de ces déclics pour ne pas conserver la mauvaise humeur de mes faces

Ne pas être celui qui pose une photo sur une hypocrite épitaphe

Ta bonne réputation te vaudra le nom du meilleur photographe


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- Regardes cet oisillon là-haut dans l'arbre. Il va sortir pour la première fois de son nid. Il n'a encore jamais volé. Tu vas voir, regarde bien. Il va devoir se jeter dans le vide et battre comme il peut ses ailes. Ça va être amusant, il va rebondir quand il touchera le sol.

- Ouah ! Quel courage ! Si je pouvais moi aussi sauter des arbres.

- Alors là mon p'tit gars, ce ne serait pas du courage mais de la bêtise, eh eh !! L'oisillon doit sauter coute que coute s'il veut vivre mais pas toi. Si tu risques ta vie pour sauver quelqu'un et d'une manière complètement désintéressé, plutôt que la risquer sans raison et de manière égoïste, voilà le vrai courage. Viens, suis moi. On va aller à la montagne s'amuser avec la neige.

- Oh oui ! De la neige. J'aimerais tellement revoir mon bonhomme de neige qui m'avait fait oublié ma punition. Maman et papa me manquent tellement. Est ce que ce serait du courage si je me mettais tout nu dans le froid, dans la neige et me punissais moi même pour pouvoir les revoir ?

- Oh mon p'tit bonhomme du bonhomme.

Je le pris dans mes bras sans plus parler et l'on regarda longuement les flocons de neige tomber.

Et je finis par lui dire :

- Tu sais que tu es un garçon très mais très courageux ? Tu sais dire non quand tout le monde te pousse à faire quelque chose de pas bien.

- Moi, courageux ?

- Tu sais, j'ai été moi aussi un p'tit gars. Avec mes camarades on se lançait toujours des défis bêtes. Je croyais être courageux quand je réussissais à frapper aux portes des gens et me sauver ensuite en courant. Si je refusais, on me traitait de mauviette, de petit garçon à sa maman, que je faisais le sage. Les autres disaient que je me croyais supérieur.

Et je lui demandais où la neige était la plus belle. Il me répondit :

- Tout en haut des montagnes. Elle est toujours blanche et ne fond jamais, oh oui, jamais.

Les flocons "sages" vivent pour toujours et heureux de leur blancheur. Les flocons "sans peur" se jettent pour défier le fond de la vallée et finissent par noircir et fondre.

- Qui des deux est supérieur à l'autre ? lui demandais-je.

- Le premier, celui qui est resté en haut dans la montagne, me répondit-il.

- Eh non, non et encore non . Perdu.

- Comment ça perdu ?

- Voilà pourquoi. Les flocons sont tous égaux. Ils arrivent d'abord tous en haut des cimes. Mais certains "courageux" décident de s'abaisser en salissant leur blancheur. Le premier ne s'est jamais exalté. C'est l'autre qui de sa basse position maintenant croit l'autre vouloir être supérieur. Ce n'est pas le premier qui est monté d'une marche mais le second qui est descendu d'une marche. La blancheur reste toujours au même niveau. On ne pourra jamais t'accuser de te croire supérieur. Ce sont les autres qui font le choix de se salir et de se rabaisser. Sois toujours le gardien de tes principes, coute que coute. Tu dois savoir dire non et tu seras toujours courageux ainsi.


Une marche plus haute

Déjà petits héros aux innombrables défis qu'ils se lancent

Corps aux multiples bobos qui ne réfléchissent pas aux conséquences

Il y en a toujours un pour épater la galerie

Qui n'accepte pas qu'un autre soit meilleur que lui


Qui décrète touts les interdits qu'il légalise

Entrainant touts les autres plus sages qu'il ridiculise

Oser te traiter de fils à papa un garçon comme toi

Si obéissant à la morale depuis que tu es avec moi


Mais la pression de céder devant ces faux camarades

Garderas tu tes valeurs qui t'élèvent au juste grade

Comme la neige qui tombe à différentes altitudes

Où finiras tu par tes manques de certitude


As tu vu la résidence du flocon qui vit au sommet

Ou celle de celui qui va finir sa vie dans la vallée

Pour arriver toujours en premier sur les hauteurs et lutter contre

L'influence du vent qui pousse vers le bas pour te corrompre


Où se trouve la maison du flocon de neige blanc toute l'année

Et le dernier domicile connu de ceux qui t'ont rejeté

Être accusé de s'exalter quand il n'y a plus de culminants à conquérir

Par sa coalition sans crédits il abaisse les normes qu'il devrait relire


As tu vraiment monté d'une marche

Ou est ce leur honte qu'ils cachent

Choisir l'influence des pensées changeantes du vent

Les héros défiant la vallée ne vivent jamais longtemps


La haute moralité n'a qu'une seule couleur

D'éviter tout le mal que ne procure pas la blancheur

Sourdes moqueries désormais à tes oreilles affermies

Intégrité de ne pas céder en leur disant oui


Parcourir ainsi touts les plus beaux panoramas de sa courbe de niveau

Mission possible de remonter au niveau un qui sera toujours à coté du niveau zéro

La moralité qui culmine immuablement au sommet

Faire qu'un pas après l'autre mais en soulevant ses pieds


On ne reprend pas son souffle en un instant à faire du dénivelé

La victoire même du dernier car sans une course on ne peut pas se vanter

Il est toujours plus facile de descendre que de monter

Paresseux efforts d'anoblir sa personne de ceux qui ne veulent pas s'améliorer


On ne peut pas abaisser la montagne et d'une marche être à son sommet

Tu es né dans cette maison c'est eux qui doivent grimper

Une fois là-haut ils diront que ta vie est belle

Comme la résidence où vit ce flocon de neige éternel


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Existe-t-il quelqu'un ou quelque chose de plus blanc que la neige au soleil ? L'orgueil de se grandir peut-il nous rendre plus blanc qu'elle ? Il faudra forcément salir les autres pour croire être le plus blanc, le meilleur mais il faudra éviter leur vengeance.

- Mon p'tit bonhomme, même les rois souffrent de fausse humilité.

Et je lui lançais une tarte à la figure. Ça faisait longtemps que j'avais envie de lui faire ça. Et je riais, je riais, ah ah !!! Et bien entendu, il croyait que je ne connaissais pas le truc. Il me lança à son tour une tarte que ma figure ne voulut pas gouter, eh eh !!! Et je lui dis :

- Tu sais maintenant comment on peut salir les autres et éviter leur vengeance. Il faut être plus "malin" que les autres mais cela ne fait pas de nous quelqu'un de blanc. L'orgueil sera toujours salissant.

- Qui est sans taches alors ? me demanda-t-il.

- Regarde ton dos.

- Je n'y arrive pas.

- C'est parce que notre public est toujours devant nous et que l'orgueil veut toujours voir la gloire devant lui. L'orgueil ne veut jamais quitter la scène en se retournant face à l'ombre. On aime trop avoir l'ombre derrière notre dos. Et pourtant, sais-tu pourquoi on a tous une ombre ?

On s'amusa toute l'après-midi à jouer avec nos ombres. Impossible de s'en débarrasser. Elle courait aussi vite que nous. Parfois plus petite que nous et parfois bien plus géante que nous. Elle était aussi bien dans notre dos que devant nos faces si on acceptait de s'humilier en tournant sur soi devant la lumière. Nous n'étions ni plus petit ni plus grand que nos ombres. Nous jouions à ne jamais être plus grand que son ombre. Il gagnait toujours à ce jeux là mon p'tit gars car j'avais le nez plus gros que le sien, ah, ah !! Misérable que je suis. Me libérer de mon ombre ! C'était le seul numéro que je ne réussissais jamais. Quel cirque ! Et le public riait et je riais avec eux. L'orgueil est si ridicule. On était tous égaux face à l'orgueil car existe-t-il quelqu'un qui n'a pas d'ombre, son ombre ?

- Oui, la source de l'ombre, cria-t-il tout excité.

- Mais oui, tu as raison !! C'est quand on se présente devant la lumière quelle révèle les ombres. Et où est ce qu'il n'y a jamais d'ombre ?

- Je sais moi. Il ne fait jamais nuit sur le soleil, dit-il simplement.

- Crois tu que le soleil se glorifie de l'ombre des autres qu'il illumine ?....... Chuuuuutttt.

Sa majesté, le roi !!!


Le soleil à minuit

Une étoile qui brille dans le ciel à midi

Dans ce désert azur où les autres étoiles ne semblent plus être autour de lui


Souverain à son zénith qui vide le ciel de ses semblables

Sa suprématie les éloigne de son trône qui devait être abordable

Ils ont fui sa présence car leurs tailles devant l'hautain personnage

Les empêchent d'être entendu alors pourquoi régner sans leurs suffrages


Si le protocole dicte de ne pas croiser son regard en face

Se retrouver seul à vouloir briller car son orgueil éloigne la populace

S'abaisser en cherchant l'horizon où le repentir est résident

Pour voir sa majesté pardonnée qui provoque toutes les couleurs du couchant


Auteur de cette peinture qui maintenant monopolise touts les regards

Enfin abordable à ses sujets qui par leurs requêtes inespérées l'accaparent

On dit que la nuit tombe l'accusant d'être la cause de l'obscurité

Qui ne cherche pas à se justifier alors que Lui profite de son immunité


Alors une fois le jour tombé comme la sentence qui le réhabilite dans l'erreur à être le seul debout

Il faut payer son arrogance en écoutant le juge dire sans appel accusé abaissez vous

Seul Celui qui régnait déjà avant la création de tous les royaumes

Même sans terre ni sujets sans hériter ni céder son trône


À qui l'ambition n'est pas un désir quand il n'y a pas de plus grand sacre

Celui là seul pourra être accusé que d'humilité et jamais de simulacre

Mais Lui qui purge sa peine à minuit

Quand son absence du ciel noir éclaire ses semblables réunis


Apprendre à s'effacer pour être intronisé Soleil à minuit

Et tout à coup ce qui sers de leçon voir son entourage qui reluit

Et viennent les premières lueurs du matin à l'horizon

Quand l'humilité s'accomplie au moment où l'orgueil connait le pardon


Même couleurs mais la nuance du levant est immaculé de l'arrogant

Reconnaitre le crépuscule de l'aube qui oppose ces deux sentiments

La terre tourne toujours vers le bon sens pour effacer le mal fait quand on était fière

Ces vieux dossiers sont sans archives car la terre ne peut pas tourner en arrière


Les matins quand avant le peuple soupirait au réveil de l'orgueil de leur souverain

Ce Roi qui se vantait de ses grandes œuvres qu'Il accomplirait avec les ampoules de toutes leurs mains

La Majesté de cette aube qui se colore maintenant aussi grâce à sa ribambelle

Reçoit ces honneurs de toutes ces poussières qui redimensionnent la beauté de son ciel


Pourquoi croire que le soleil n'a pas de mémoire répétant la même erreur

Comme un jour sans fin où la beauté est salie par l'orgueil avec sa noirceur

Si on ne peut pas laver de la neige blanche une fois le repentir sincère

Alors cet exemple motive quand on lutte pour ôter ce défaut du caractère


Comme les mots qu'on aime entendre touts les jours au lieu de rappeler notre honte

Qu'on aime relire même si c'est la même leçon à chaque fois que le soleil remonte

Qui nous donne si envie de l'apprendre car les couchants ne lassent pas ceux qui aiment les regarder

Et mille façons de rallumer la lumière aux levants qui sonne l'appel des élèves bien rangés


Quand le soleil était à son zénith et mon ombre s'écrasait sous mon orgueil

Moi son disciple émérite s'inclinant devant Lui de mon humilité en trompe l'œil

Il descend allonger mon ombre pour la glorifier des mérites cachés derrière son monochrome

Moi qui suis maintenant le dessin de sa silhouette acceptant de ne plus vivre en monôme


On se vante toujours en montant sur l'estrade dirigée que vers l'avant

On ne verra jamais son propre dos car notre public est toujours devant

Alors que la nuit qui est l'ombre de la terre révèle que sa beauté n'est pas une façade éclairée

Touts ses reliefs purs d'hypocrisie s'allument s'éteignent d'une dignité à trois cent soixante degrés


Aucun soleil peut avoir une ombre et jamais connaitre ce qui rend petit

Son humilité laisse exister les autres  qui connaissent les limites de la modestie

À l'ouest où l'orgueil abaissé se repent quel beau coucher de soleil

À l'est où l'orgueil est pardon voilà pourquoi on l'appelle le lever du soleil

Se demander où notre orgueil se trouve à l'est ou à l'ouest de notre personnalité

Ne pas vivre de zénith car touts les autres ont eux aussi le droit de briller

Quand à minuit le soleil arrête de briller

S'illumine son royaume et ses sujets car éteint est son palais

Croire d'être grand jusqu'à regarder le soleil à minuit

Jusqu'à rencontrer toutes les étoiles qui luisent dans la nuit


                                                      ***************************


Même les rois souffrent de fausse humilité. Le soleil est le clown du ciel et toutes les autres étoiles applaudissent quand il devient le soleil à minuit. Il lui faut de l'ombre pour qu'il se glorifie.

- Et mon P'tit Bonhomme me demanda :

- Si le soleil a besoin d'ombre pour exister, si on a pas trouvé la source de l'ombre, où est la source de toutes les lumières ? La source de tout les soleils ? Celui qui appelle toutes les étoiles par leurs noms ? ............

Notre album des photos sans photos n'est pas encore plein. On veut connaitre touts les prénoms de la terre pour le remplir. Il manque le tien. On vient chez toi chère ( r ) amie ( i ). Une tarte à la figure t'attend. Est ce que mon P'tit Gars et moi pourrons rire de toi ?

- Allez, mettons nous en route ! On est attendu.

                         FIN

- Ah non, pas fin. Jamais de fin, insista mon p'tit bonhomme. Alors...

           À LA PROCHAINE

Signature :

Le p'tit gars ou le clown ou moi,

je ne sais plus vraiment.

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